Luther en France : politique, littérature et controverses au XVIe siècle

Colloque organisé les 17 et 18 mars 2017 au Mans et à Paris.

Si les écrits de Luther contribuèrent au développement de la langue allemande et à la construction d’une identité germanique, qu’en est-il de « l’empreinte luthérienne » en Europe et singulièrement en France et dans les contrées francophones ? A l’occasion du cinq centième anniversaire de la promulgation des « Quatre-vingt quinze thèses » (1517), ce colloque souhaiterait à la fois valoriser des collections d’imprimés anciens comme ceux que conserve la Bibliothèque municipale du Mans et interroger la manière dont la voix de Luther s’est fait entendre tout au long du XVIe siècle.

Une sélection de livres anciens sera ainsi exposée à la BU du Mans dans la salle où se tiendra le colloque (journée du 17 mars 2017).

Les interventions scientifiques aborderont les directions suivantes :

1. Le problème Luther vu depuis la France :

À lumière des travaux publiés ces trente dernières années, un point mérite d’être fait sur l’accueil initialement favorable réservé par les humanistes à des idées portées par Luther et ses amis ; sur la fortune des traductions (latines, françaises) d’écrits luthériens en France ; sur les évolutions dans les domaines de la pédagogie, de la dialectique, de la rhétorique sous l’influence de Mélanchthon ; sur le rôle joué par les imprimeurs dans la diffusion de ces idées nouvelles (Anvers, Genève, Bâle, Neuchâtel)…Symétriquement, il convient de regarder aussi du côté des polémistes à succèscomme le prêtre Artus Désiré ou des historiographes catholiques qui se servent des écrits Jean Cochlaeus pour combattre Luther.

2. Échos en France des positions de Luther par rapport à l’Islam :

Luther est un actif promoteur des études renaissantes sur l’Islam. Il soutient publiquement l’initiative de Bibliander, quand celui-ci décide de publier, pour la première fois, une version du Coran en latin et qu’il se heurte, avec son imprimeur Oporin, aux vigoureuses résistances de la censure bâloise.Par ailleurs, Lutherenvisage le péril turc et considère qu’on ne pourra lutter contre l’avancée turque sans comprendre les ressorts religieux qui la sous-tendent.Enfin, le discours sur la religion musulmane lui sert en outre à la critique indirecte du catholicisme. Les travaux de Victor Segesvary,d’Harmut Bobzin et d’Adam S. Francisco ont ouvert sur ce problème des pistes de réflexions stimulantes.

3. La voix de Luther en traductions :

On s’intéressera notamment à la diffusion et à la circulation des textes de piété carles écrits de Luther, réunis dans le Betbüchlein de 1522, sont décisifs dans la constitution d’une littérature de dévotion réformée francophone.

4. Luther relu par…

On peut se demander ce que Calvin a lu chez Luther lorsqu’il construit son propre système doctrinal ; ce que des poètes néo-latins, ce que Marguerite de Navarre trouvent chez Luther ; comment Castellion, « apôtre de la tolérance », utilise des écrits de Luther pour combattre les arguments de Calvin au moment de l’affaire Servet (Traité des Hérétiques).

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